Congratulations to Béatrice STERNBERG, lauréate du Prix de thèse 2025 de la CPED, pour sa thèse en psychologie sociale à l’Université Paris Nanterre, intitulée “Processus sociocognitifs impliqués dans l’invisibilité intersectionnelle : le rôle de l’incongruence perçue entre les identités.” En s’appuyant sur le cas des hommes gays d’origine maghrébine en France, Béatrice STERNBERG, démontre que les personnes appartenant à de multiples groupes stigmatisés sont plus susceptibles d’être invisibilisées lorsque leurs identités sont perçues comme étant incongruentes entre elles.
Elle a été sélectionnée parmi une quarantaine de candidatures, provenant de 26 établissements membres de la CPED, et de a wide range of disciplines1, allant des sciences humaines et sociales aux sciences fondamentales. Le jury, composé de chargé·es de mission égalité-diversité, a souligné l’excellence du travail de Béatrice STERNBERG ainsi que l’intérêt et l’utilité de son analyse du concept d’intersectionnalité pour le travail des missions égalité-diversité dans les établissements d’ESR. Les perspectives théoriques et méthodologiques ouvrent un champ de réflexions particulièrement intéressant qui font écho à la question du cloisonnement des politiques EDI et de l’intérêt des approches transversales ou intersectionnelles. De plus, l’idée que l’on peut se faire de la portée de cette thèse ne doit pas se limiter aux catégories exprimées dans le résumé (sexe, orientation sexuelle et origine avec le cas des hommes gays maghrébins en particulier) mais à l’ensemble des croisements de catégories possibles, jusqu’à interroger l’effet de la laïcité (historique VS nouvelle) dans un article à paraître.
In addition to the €1,500 prize, the winner will be invited to présenter sa thèse lors des prochaines rencontres de la CPED en 2026 ! The award of this thesis prize is part of CPED's commitment to supporting research into gender, equality and diversity.

Pour cette deuxième édition, le jury du prix de thèse était composé de :
- Catherine Minet-Letalle, former Vice President for Equality, Anti-Discrimination and VSS and Professor of Private Law at the Université du Littoral Côte d'Opale ;
- Dorothée Guérin, Vice-Chairwoman for Gender Equality and the Fight against SGBV and Professor of Private Law at the Université de Bretagne Occidentale - Brest;
- Pascal Tisserant, EDI Vice-Chairman and Senior Lecturer in Social Psychology, Université de Lorraine - Metz;
- Françoise Le Fichant, Vice President Social Responsibility and lecturer in private law at the University of Nantes;
- Véronique Van De Bor, Vice-President, Social Policy, Equality and Diversity, and researcher in developmental biology at the Université Côte d'Azur ;
- Clotilde Coron, EDI Vice-President and Professor of Management Sciences at Université Paris-Saclay;
- Camille Fauth, Vice présidence Égalité, Parité, diversité et lutte contre les discriminations à l’Université de Strasbourg ;
- Stéphanie Geneix-Rabault, chargée de mission « Egalité – diversité » à l’Université de la Nouvelle-Calédonie ;
- Julie Malet-Vigneaux, Chargée de mission Égalité, laïcité, lutte contre les discriminations, le harcèlement et les violences sexuelles et sexistes dans la vie étudiante à l’Université du Littoral Côte d’Opale ;
- Sophie Louargant, Vice-présidente Égalité, Parité, Non-discrimination à l’Université Grenoble Alpes ;
- Christine Morin-Messabel, Vice-Présidente « discriminations, égalité, VSS, action sociale » à l’Université Lumière Lyon 2 ;
- Nicolas Bourbon, Vice-président « Égalité, Inclusion et Non-Discrimination » à l’Université Paris Nanterre ;
- Annabelle Boutet-Diéye, Co-référente Mission Égalité Femme-Homme à l’IMT Atlantique (campus de Brest)
Le résumé de sa thèse :
“L’objectif de ce travail de recherche était d’examiner quand and comment les personnes appartenant à plusieurs groupes stigmatisés sont susceptibles de faire l’expérience d’une forme de discrimination spécifique, nommée invisibilité intersectionnelle. Après une revue systématique de la littérature (Chapitre 2), nous avons testé le rôle d’un modérateur plausible et pourtant peu examiné : l’incongruence perçue entre les identités des cibles. En prenant l’exemple des hommes gays d’origine maghrébine en France, nous avons défendu la thèse selon laquelle les personnes appartenant à de multiples groupes stigmatisés sont plus susceptibles d’être invisibilisées lorsque leurs identités sont perçues comme étant incongruentes entre elles. Dans deux séries d’études empiriques, nous avons étudié comment cette invisibilité pouvait à la fois constituer un « désavantage », au niveau des processus de mémorisation, et un « avantage » relatif, en termes de biais intergroupes. Lorsque leurs identités étaient perçues comme incongruentes entre elles, les discours des hommes gays d’origine maghrébine étaient moins bien mémorisés que ceux des autres cibles, ceci étant possiblement expliqué par une hypervisibilité de leurs identités, au détriment de la mémorisation de leurs discours (Chapitre 3). Ils étaient cependant évalués comme moins menaçants que les hommes hétérosexuels d’origine maghrébine, en partie parce qu’ils étaient perçus comme des exemplaires moins typiques du groupe des hommes Maghrébins (Chapitre 4). Dans l’ensemble, ces résultats confirment notre thèse selon laquelle l’incongruence perçue entre les identités joue un rôle dans l’invisibilité des personnes appartenant à de multiples groupes stigmatisés.”
- Etudes sur le genre ; sciences de gestion ; psychologie sociale, clinique, du développement ; sciences cognitives ; immunologie ; sciences de l’éducation et de la formation ; histoire ; sociologie, du numérique ; droit public ; ethnologie ; physique ; arts du spectacle ; philosophie et épistémologie ; géographie ; virologie ; sciences du langage, linguistique et didactique des langues ; économie ; sciences de l’information et de la communication ; anthropologie.
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