Le 3 juillet, au lendemain de la 11e Journée nationale des missions égalité-diversité de l’enseignement supérieur et de la recherche – organisée par le MESRE, la CPED et les conférences d’établissements – se sont tenues les 34e Rencontres de la CPED à l’Université de Bordeaux. Une centaine de membres des missions égalité-diversité des établissements publics étaient présent·es.

La journée s’est ouverte avec les mots de Véronique Van De Bor, présidente de la CPED, pour lancer cette nouvelle édition des Rencontres, ayant pour thématique l’élargissement du champ des missions égalité-diversité.

Un point sur les actualités et perspectives de la CPED a d’abord été présenté :

  • Lucille Marissal, chargée de projet, et Hermeline Pernoud, membre du CA de la CPED, sont d’abord revenues sur le groupe de travail sur les Parentalités, pour en faire le bilan et la présentation des ressources produites,
  • Florence Françon, membre du CA de la CPED, a fait un retour sur la journée de formation avancée sur les discriminations croisées dans l’ESR.
  • Lisanne Tremblay, chargée de projet au REFEDI, a présenté le Réseau International Francophone de l’ESR pour l’EDI et ses activités.
  • Lucille Marissal a présenté la nouvelle activité de formation de la CPED, VSS-Formation n’existant plus depuis le 1er juillet 2026.
  • Nicolas Bourbon, membre du bureau de la CPED, est revenu sur les résultats du questionnaire de perception de la CPED.
  • Sarah Boratav, membre du bureau de la CPED, et Lucille Marissal ont enfin présenté une nouvelle ressource, encore en production et prévue pour la rentrée, comprenant deux vidéos de sensibilisation et une affiche sur le bizutage.

Cette journée a aussi été l’occasion de mettre en lumière le Prix de thèse 2025 de la CPED. Christine Morin-Messabel, professeure de psychologie sociale à l’Université Lumières Lyon 2, a présenté la lauréate du prix : Béatrice Steinberg, maîtresse de conférence à l’Université Paris 8, pour sa thèse en psychologie, intitulée « Processus sociocognitifs impliqués dans l’invisibilité intersectionnelle : le rôle de l’incongruence perçue entre les identités ».

L’appel à candidatures pour le Prix de thèse 2026 de la CPED est officiellement lancé.

Deux tables rondes, animées par Claire Berthonneau, membre du CA, et Claire Lambard, membre du bureau, ont interrogé à la fois les bonnes pratiques dans la prise en compte de toutes les formes de discriminations et comment enquêter sur les discriminations dans l’ESR.

Ce premier échange a permis de mettre en avant deux sujets encore peu traités dans l’ESR, à savoir la grossophobie et le validisme :

Manon Castel, coordinatrice de la mission égalité femmes-hommes et lutte contre les discriminations à l’Université de Toulouse, a présenté les actions de l’université contre la grossophobie. Parmi elles : une exposition restituant des expériences vécues de grossophobie par des étudiantes et des personnels (2025), une campagne de sensibilisation aux micro-agressions incluant une affiche dédiée à la grossophobie (2023), l’achat de chaises plus inclusives, un guide de communication sans stéréotypes invitant par exemple à ne pas réduire les représentations des personnes grosses à des postures passives ou liées à la nourriture, ainsi que la distribution de culottes menstruelles en grandes tailles depuis 2021, pour lutter contre la précarité menstruelle.

Marine Delmotte, chargé·e de projet égalité femmes-hommes et lutte contre les discriminations à l’Université Grenoble Alpes, et Clémentine Zill, membre de l’association Les Dévalideuses, ont présenté conjointement le validisme et les moyens de lutter contre cette discrimination. L’association œuvre principalement à porter la voix des femmes et minorités de genre en situation de handicap et à la diffusion d’une « crip culture » française. Marine Delmotte a présenté les actions menées à l’Université Grenoble Alpes : en mars, un mois de l’égalité avec des moments consacrés au validisme, avec une conférence sur le neuro-développement et une conférence gesticulée sur l’antivalidisme. Cet événement a donné lieu à la création d’un GT visant à produire une fiche documentaire sur l’antivalidisme à l’UGA. Un projet d’exposition sur le sujet est par ailleurs prévu pour 2027.

Le deuxième temps d’échange a permis de faire un point sur diverses enquêtes en cours, ainsi que sur les outils à disposition des chargé·es de mission, pour mener une enquête dans leurs établissements :

Louise Bourgoin, chargée de développement et de l’animation de l’Observatoire National des Discriminations et de l’Égalité dans le Supérieur (ONDES), a présenté les retours de l’enquête EVIDENCE sur les Violences et les Discriminations dans l’Enseignement Supérieur. Toujours en cours, la 1ère vague de cette enquête a été menée dans 7 établissements et 1 réseau étudiant, représentant plus de 4 000 réponses aux questionnaires – un questionnaire adaptable aux spécificités de chaque établissement.

Zo Michels, chargé·e de projet à la Chaire LGBTQI+, a présenté les résultats du groupe de travail « Enquêter sur les LGBTQI+phobies dans l’ESR ». S’inscrivant dans le plan national pour l’égalité, contre la haine et les discriminations anti-LGBT du MESRE, un guide de recommandations sur la manière de mesurer les LGBTQI+phobies dans l’ESR a été produit.

Camille Gillet, docteure en sociologie à Sciences Po, a présenté l’enquête INTER-VSS. Celle-ci vise à mieux comprendre la diversité des initiatives menées dans la lutte contre les VSS dans l’ESR. L’enquête s’adresse à toutes les personnes ayant mis en place des actions de prévention des VSS dans leur établissement depuis 2024.

Enfin, des temps d’échange par groupes ont ensuite été proposés aux participant·es. Cinq enjeux principaux ont pu être abordés, dont :

  • Le rôle de l’université face aux enjeux de racisme et d’antisémitisme
  • Les conventions et partenariats
  • Quelles organisations pour les cellules de traitement des signalements à la suite de la loi Levy ?  
  • Animer un réseau de référent·es EDI dans son établissement
  • La sensibilisation des comités de sélection.

Ces moments d’échange ont été l’occasion, pour les chargé·es de mission égalité-diversité, de partager les obstacles et interrogations rencontrés dans leurs fonctions, mais aussi les réussites et leviers mobilisables.

Une journée riche et dense, marquée par des échanges entre les membres de la CPED, animée Aude Stheneur, directrice générale de la CPED. Un grand merci à toutes les personnes ayant contribué à l’organisation de cette journée !