Communiqué de presse – 6 janvier 2026
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L’Observatoire National des Discriminations et de l’Égalité dans le Supérieur (ONDES) et la Conférence Permanente Égalité et Diversité (CPED) publient les résultats de la deuxième enquête REMEDE, consacrée aux actions pour l’égalité mises en œuvre dans les établissements d’enseignement supérieur.
Consulter les résultats de l’enquête
Une enquête nationale élargie
Menée en juin 2025, deux ans après une première vague, l’enquête REMEDE 2 a recueilli les réponses de 81 établissements, représentant 1,4 million d’étudiant·es et 207 000 personnels, couvrant près de 45 % des inscrit·es de l’enseignement supérieur.
Des missions égalité désormais généralisées
Tous les établissements disposent aujourd’hui d’une personne en charge de la politique égalité-diversité, le plus souvent rattachée directement à la présidence ou à la direction. Près de la moitié des établissements se sont dotés d’une structure dédiée, généralement une « mission égalité », dont le périmètre d’intervention s’est considérablement élargi : égalité femmes-hommes, violences sexuelles et sexistes (VSS), discriminations, LGBTIphobies, racisme et antisémitisme. Ces missions jouent un rôle central d’animation des campus à travers de nombreuses actions de sensibilisation et de formation, souvent menées en partenariat.
Une forte hausse des signalements
En 2024, les établissements recensent en moyenne 44 signalements par an, contre 28 en 2022. Les principaux motifs concernent le harcèlement moral du côté des personnels et les VSS du côté des étudiant·es.
Toutefois, seule une faible proportion des signalements aboutit à des sanctions : 6,3 % à une sanction disciplinaire et 4,1 % à une sanction judiciaire, des taux en légère hausse.
Des moyens humains et financiers insuffisants
Malgré l’élargissement de leurs missions, les missions égalité disposent de moyens limités. Lorsqu’ils sont connus, les budgets restent modestes, et les équipes sont souvent composées de personnels aux statuts précaires. Cette situation crée une forte disproportion entre l’ampleur des missions confiées et les ressources disponibles.
Un climat d’hostilité préoccupant
Fait nouveau mis en évidence par l’enquête, près de 40 % des établissements déclarent que leurs missions égalité ont été la cible d’attaques ou de menaces : dénigrement, insultes, intimidations, dégradations de supports de communication ou campagnes sur les réseaux sociaux. Ces agissements contribuent à installer un climat d’hostilité envers des politiques pourtant largement fondées sur des obligations légales.